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Mangatse's avatar

Merci pour ce travail critique car c'est essentiellement dans la controverse que l'on avance...

Je dois cependant constater, ici encore, que l'on pousse souvent les propos ou la pensée de Bernard Friot hors-champ...

(R1) Dans votre critique ici, il me semble que vous faites dire à Friot qu'il exclut toute prise du pouvoir d'État (ou politique) ; si c'est bien ce que je comprends quand je vous lis, et bien je conteste cette analyse. Ce que critique BF (s'appuyant sur les expériences ratées du 20e siècle), c'est de faire de cette prise du pouvoir politique (par en haut), un PRÉALABLE à toute dynamique révolutionnaire ; quand chez lui, le préalable serait de s'engager en conscience, en responsabilité, par en-bas, dans une prise du pouvoir sur le travail par les travailleurs eux-même... Et ce n'est qu'une fois cette dynamique populaire enclenchée, consciente et responsable, qu'un pouvoir politique favorable peut venir soutenir et conforter celle-ci et la sanctionner par la loi.

(R2) Quant à la question "Comment on va au communisme ?" Friot répond toujours, avec Marx : "On ne va au communisme que par le communisme !". Dans la lutte de classes, dans les combats, souvent rudes et longs, on ne quitte jamais la boussole communiste : entrer en contradiction antagonique avec le capitalisme (antagonique signifiant "qui conteste et met à mal le pouvoir de la classe dirigeante sur le travail et la production"). Et cela se décline très bien ensuite en mots d'ordre, en revendications, en type d'action, en axes programmatiques... Un exemple rapide pour faire comprendre :

- les cotisations au régime général de sécurité sociale : intervient dès la répartition primaire de la valeur, assèche le capital, change la nature de la production. Contradiction antagonique (communisme)

- taxe ou impôt sur le capital : intervient dans la répartition secondaire de la valeur, corrige après-coup donc légitime le capital. Contradiction non-antagonique (socialisme)

(R3) Il aurait certainement à redire sur le caractère autogestionnaire généralisé que l'analyse lui prête un peu ici... Il a toujours mis en garde par exemple sur la simple juxtaposition d'auto-gestions yougoslave... en (re)mettant en avant l'importance d'institutions organisationnelles de la production, ainsi d'ailleurs que l'importance, à côté, d'institutions du politique... Fidèle à la notion de dépérissement de l'(appareil d')État, il définit ce que pourrait être un morceau d'État communiste : fonction sociale collective macroéconomique obligatoire, ayant force de loi et assumée par les intéressés eux-mêmes. En ce sens, il donne pour exemple le Régime Général de sécurité sociale dans sa matrice originelle de 1946.

Sa proposition d’œuvrer à la mise en sécurité sociale de productions autre que le soin (alimentation, culture, logement, eau, ...) est cohérente.

(R4) Faire la révolution c'est-à-dire "changer le travail pour changer la société", c'est dur et c'est long ; Bernard Friot le sait et il sait aussi très bien qu'il n'a pas réponse à tout, bien au contraire.

Voilà je m'en tiens là, en espérant avoir été un peu utile au débat...

Et merci pour votre contribution.

SM.

Fred's avatar

Je vais écrire une contribution sur le sujet Camarade Guigue quand bien même je suis d'accord avec Friot sur la sécurité sociale, le salaire et la qualification.

Car il faut quand même une transition qu'est le socialisme quand bien même je ne suis pas un fan de l'étapisme il faut aussi montrer comment on va sortir du capitalisme pour accomplir le communisme.

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